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Albert Jacquard: « Je suis absolument contre la compétition, mais pour l’émulation »

Grandes écoles, rapports entre les acteurs économiques, progrès social… Le généticien Albert Jacquard, décédé ce 12 septembre 2013 à l’âge de 87 ans, accordait en 2004 à L’Entreprise un entretien sur sa vision du développement humain.

[Interview parue dans le magazine L’Entreprise en décembre 2004]Le généticien Albert Jacquard est décédé ce jeudi 12 septembre 2013 à l’âge de 87 ans. Nous reproduisons un entretien qu’il avait accordé au magazine L’Entreprise il y a un peu moins de dix ans.  

Connu pour ses prises de position opiniâtres en faveur du droit au logement et sa défense inlassable des exclus et du droit à la différence, Albert Jacquard n’a rien d’un doux rêveur ni d’un humanitaire bêlant. Sa critique du capitalisme ne relève pas de la pose mais s’appuie sur une vaste connaissance des phénomènes économiques et sur son expérience du monde de l’entreprise où il a, en tant que jeune polytechnicien, exercé des responsabilités opérationnelles. Homme de dialogue, qui rencontre régulièrement des chefs d’entreprise dans le cadre des clubs de l’Association Progrès du management (APM) – dont il est un intervenant fidèle -, Albert Jacquard est persuadé que seule la diffusion des savoirs peut faire évoluer les mentalités et les comportements. Il s’y emploie dans le dialogue qui suit.  

Quel regard portez-vous sur notre monde économique de ce début de XXIe siècle?

On perçoit aujourd’hui l’absurdité de la logique capitaliste poussée jusqu’à son terme. A l’origine, le capitalisme était conçu comme un système devant apporter progressivement le bien-être à tous. Et il est vrai que, lentement, au cours du XIXe siècle puis de la première moitié du XXe siècle, les nations qui avaient adopté ce système économique ont vu leur niveau de vie s’améliorer. Après la Seconde Guerre mondiale, durant ces années qu’on a appelées les Trente Glorieuses, les progrès techniques se sont encore accélérés, mais les besoins des individus étaient si grands qu’ils garantissaient le maintien du plein-emploi… L’ascenseur social fonctionnait pour tout le monde.  

C’est donc ensuite que la situation s’est gâtée?

Source L’Express

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